Le Kolkhoze

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samedi 15 décembre 2007

« Avec ça, on ne cuit pas mais on chauffe »

Bali accouche aux forceps d'un accord sur le climat. Un accord non chiffré. Un repoussoir jusqu'en 2009, en espérant que d'ici là l'administration au pouvoir aux États-Unis change de bord ! Bref, disons-le franchement, un échec. Les coupables, ceux qui n'ont aucune excuse (U.S.A et Canada) et ceux à qui malheureusement nous ne pouvons pas donner de leçons (Chine, Inde...), devront sans doute rendre des comptes aux générations futures... Une fois n'est pas coutume, je me sens fier d'être européen aujourd'hui.

Le compromis est byzantin et chaque virgule aura été soupesée cent fois. Pour sortir de l’impasse, l’Union européenne a accepté que le texte élude les références chiffrées aux émissions polluantes et à la nécessité de les réduire de manière, auxquelles s’opposaient les Etats-Unis. Par conséquent, la communauté internationale « reconnaît que des réductions sévères des émissions mondiales devront être conduites » et souligne « l’urgence » de lutter contre le changement climatique, en renvoyant par une note en bas de page au rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Deux scénarios sont dès lors possibles : soit une réduction des émissions de -10 à -30 % (par rapport à 1990) pour les pays développés d’ici 2020, avec des efforts « marginaux » de la part des pays en développement. Soit une réduction perspective de -25 à -40 % en 2020 (par rapport à 1990) pour les pays industrialisés, avec des « efforts substantiels » de la part des pays en développement.

« Ce deuxième scénario serait compatible avec la d’un réchauffement limité à 2ºC par rapport aux niveaux préindustriels alors que le premier permettrait une stabilisation autour de 3ºC », a expliqué à Bali le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du Giec. « Avec ça, on ne cuit pas mais on chauffe », a-t-il ajouté. De leur côté, les ONG regrettent le manque d’ambition et surtout l’obstruction des Etats-Unis pendant tout le processus de Bali.

Lire Le Soir : Un accord sur le climat à Bali.

Il n'empêche, on se souviendra longtemps de Yvo De Boer, secrétaire général de la Convention climat à l'O.N.U. qui craque à la tribune, épuisé et en en sanglots, après un marathon nocturne sans issu de plus de sept heures. Il quittera la salle sous les ovations. La même salle, qui, quelques instants plus tôt, avait copieusement hué la représentante américaine.

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Yvo de Boer en sanglots (à gauche), Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'O.N.U. (au centre) et le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono (à droite) à Bali, le 15 décembre 2007.

Photo AFP

Car c'est cela qu'il faut retenir : une volonté commune de l'écrasante majorité des nations de réduire les émissions de CO2. Un consensus scientifique. Une image des peuples unis qui nous réconcilierait presque avec la mondialisation !

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Photo AFP

vendredi 14 décembre 2007

Borloo nous promet la lune...

... et nous la montre !

En marge de la conférence de Bali sur le climat, notre ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, visitait un site de reconstitution de massifs corallien. Il s'est fait remarquer en quittant subitement chemise et pantalon et en plongeant en caleçon pour aller planter un morceau de corail sur le fond marin. À défaut de prendre une veste, notre ministre ne risque-t-il pas de prendre une déculottée aux prochaines élections ?

jeudi 13 décembre 2007

Al Gore soutient l'Europe contre les États-Unis.

Mon propre pays est le principal responsable de l'obstruction à tout progrès à Bali.

C'est ainsi qu'Al Gore s'est exprimé sous les applaudissements à la conférence de Bali sur le changement climatique. Craignant une impasse à quelques heures de la clôture de la réunion, il a appelé à un accord sans les États-Unis, un de plus après Kyōto.

La conférence avait pour but d'atteindre une baisse des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés de 25% à 40% en 2020.

Pour rappel, le protocole de Kyōto[1] signé en 1992 et ratifié par 156 pays (seuls deux états ne l'ont pas ratifié : le Kazakhstan, qui compte le faire prochainement, et les États-Unis qui ne comptent pas le faire) prévoyait d'ici 2012 une modeste réduction moyenne de 5% des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990.

Lire Le Nouvel Observateur, Climat : Al Gore pour un accord sans les Etats-Unis.

Le paradoxe balinais.

On peut suivre la Conférence de Bali par email, par vidéo, par téléphone, ..., bref grâce à cette formidable invention que constitue Internet. Environ 10000 personnes se sont tout de même rendues à Bali pour «vivre» et suivre la conférence de près. L'attrait des lagons de Nusa Dua, peut-être. Chris Goodall, un des experts énergétiques les plus influents de Grande-Bretagne s'est amusé à faire le Bilan Carbone de la petite sauterie: 40700 tonnes de CO2 émis, rien que pour acheminer les conférenciers là-bas. A en croire différents sites de comparaison d'émissions, ces 40000 et quelques tonnes de CO2 correspondent aux émissions quotidiennes de la ville de Marseille.

Six Pieds sur Terre, Le paradoxe balinais.