Le Kolkhoze

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mardi 22 janvier 2008

Les vrais chiffres des émissions polluantes de votre voiture

Depuis le 10 mai 2006, les voitures neuves à la vente doivent obligatoirement porter une étiquette énergie. Classées de A à G, cette étiquette permet d'informer les acheteurs sur les émissions de CO2 des véhicules, responsables de l’effet de serre et du réchauffement climatique. De ce point de vue là, la France est bien placée puisque nous sommes les champions du Diesel, qui sont des moteurs émettant globalement moins de CO2 que leurs collègues essence. Là où ça ne va plus, c'est que l'on tait une réalité bien moins avouable : les véhicules diesel sont les plus dangereux pour notre santé, à cause des émissions de particules fines dont les taux n'apparaissent pas sur les étiquettes énergie. L'éco-bonus devrait favoriser encore plus cette tendance perverse puisqu'elle ne prend là aussi en compte que les émissions de CO2 et non ceux de particules. Pire, les chiffres d'émissions de particules fines des véhicules français (PSA et Renault) sont quasiment introuvables. Et vous, vous savez peut être ce qu'émet votre voiture en CO2, mais qu'en est-il des particules fines ?

Pour le savoir, il faut aller en Angleterre, sur le site de l'agence de certification des véhicules, c'est le seul site qui vous donnera le taux d'émission de particules fines de votre véhicule. Ce chiffre doit être inférieur à 0,025 g/km pour que l'automobile soit autorisée sur le marché européen. En faisant des tests, vous vous apercevrez que nos beaux diesels français classés A ou B fleurtent hélas bien souvent avec cette valeur limite puisque rien ne les pousse à baisser ce chiffre inconnu du grand public.

Pour ceux qui ne maitrisent pas l'anglais, rendez-vous sur ce site et prenons un exemple : ma clio. (oui je sais, j'ai un diesel et je viens faire la morale !)

  • Manufacturer : Renault
  • Select model :Clio
  • Fuel type : Diesel
  • Select specification : 1.5 dCi 86 M5

Cliquer sur Search

Première information : 117 g/km d'émission de CO2, ce qui lui vaut une étiquette en B (pas trop mal vis à vis des normes actuelles).

Cliquer sur More info.

Sur cette nouvelle page, nous apprenons tous les chiffres généralement cachés à l'achat : émissions des divers gaz, pollution sonore (71 dB en l'occurrence), et, en bas à gauche... les émissions de particules (particulates) ! Ma voiture, pourtant classée en B sur l'étiquette énergie, rejette 0,018 g/km de particules fines, soit un niveau plus que médiocre approchant des limites autorisées ! Cherchez l'erreur !

Lire Développement Durable le journal : Eco-pastille : Moins de CO2, plus de particules

Lire Greenpeace blog : Eco-pastille automobile : Un premier pas insuffisant

samedi 5 janvier 2008

Un max de blairs bloqués aux portes du désert

Enfin une bonne nouvelle : le Paris-Dakar 2008 n'aura pas lieu, annulé pour raison d'État. (sic !)

Quel dommage, nous ne verrons plus de valeureux concurrents laver leur carters huileux dans l'une des rares sources du désert saharien. Quel dommage, le compteur des morts officiels s'arrêtera donc à 53 victimes en 27 ans. Quel dommage, le journal indépendant l'Équipe, détenu par les organisateurs du Dakar et du Tour de France (deux magnifiques symboles du sport moderne), ne pourra pas titrer ses deux pages quotidiennes de photos à la gloire des 4x4 Volkswagen. Quel dommage, ce sont 22 000 tonnes équivalent carbone qui n'iront pas dans l'atmosphère.

Ah, vivement les JO de Pékin, que le sport, le vrai, respectueux des droits de l'Homme et de l'environnement, reprenne ses droits !

Lire Rue 89 : L'annulation du Paris-Dakar réjouit les opposants à la course Lire aussi Le Fantôme du Pogo : Bye Bye Dakar !

Rajout 11h40 :

Une petite vidéo sympa : et si on inventait le Dakar-Paris ?


jeudi 3 janvier 2008

La Californie attaque les USA

Fer de lance des vingts états des États-Unis ayant décidé de prendre des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effets de serre des voitures, la Californie est partie en guerre contre le gouvernement fédéral américain qui est décidé de son côté à protéger le puissant lobby automobile.

La Californie a déposé officiellement plainte mercredi 2 janvier contre le gouvernement des Etats-Unis pour avoir empêché l'application de sa loi de réduction des émissions de gaz à effet de serre des automobiles. "Il est inconcevable que le gouvernement fédéral empêche la Californie et 19 autres états d'adopter ces mesures" (destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre des automobiles), a indiqué le gouverneur Arnold Schwarzenegger dans un communiqué. "Il ignore ainsi la volonté de millions de personnes désireuses de voir le gouvernement agir contre le réchauffement climatique, c'est pourquoi, avec cette toute première action en justice, nous portons plainte afin de corriger la mauvaise décision de l'agence fédérale de l'environnement", ajoute le texte.

Lire Le Nouvel Observateur : La Californie a porté plainte contre le gouvernement.

vendredi 21 décembre 2007

La qualité de l'air en l'air.

À l'initiative d'Aérophile, de la Banque Populaire et d'Airparif, le ballon bien connu des parisiens en station au-dessus du parc André-Citroën, dans le 15ème arrondissement, va bientôt indiquer la qualité de l'air de l'agglomération parisienne en changeant de couleur en fonction de la pollution atmosphérique (au printemps 2008).

Il sera doté de deux systèmes lumineux reflétant deux indices distincts du degré de pollution. D'une part, la qualité de l'air ambiant de la ville sera reflétée par un éclairage global du ballon à l'aide d'ampoules de couleur situées à l'intérieur (davantage visibles la nuit). D'autre part, la qualité de l'air près du trafic sera visible en bas du ballon grâce à un système de diodes électro-luminescentes (visibles de jour comme de nuit) qui ceinturera sa base. C'est Airparif, organisme en charge de la surveillance de la qualité de l'air du public francilien, qui fournira ces indices déjà disponibles sur le site www.airqualitynow.eu avec ceux d'une trentaine de villes européennes.

Lire Le Monde : Un ballon mesurera la pollution de l'air de Paris.

airparif

samedi 15 décembre 2007

« Avec ça, on ne cuit pas mais on chauffe »

Bali accouche aux forceps d'un accord sur le climat. Un accord non chiffré. Un repoussoir jusqu'en 2009, en espérant que d'ici là l'administration au pouvoir aux États-Unis change de bord ! Bref, disons-le franchement, un échec. Les coupables, ceux qui n'ont aucune excuse (U.S.A et Canada) et ceux à qui malheureusement nous ne pouvons pas donner de leçons (Chine, Inde...), devront sans doute rendre des comptes aux générations futures... Une fois n'est pas coutume, je me sens fier d'être européen aujourd'hui.

Le compromis est byzantin et chaque virgule aura été soupesée cent fois. Pour sortir de l’impasse, l’Union européenne a accepté que le texte élude les références chiffrées aux émissions polluantes et à la nécessité de les réduire de manière, auxquelles s’opposaient les Etats-Unis. Par conséquent, la communauté internationale « reconnaît que des réductions sévères des émissions mondiales devront être conduites » et souligne « l’urgence » de lutter contre le changement climatique, en renvoyant par une note en bas de page au rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Deux scénarios sont dès lors possibles : soit une réduction des émissions de -10 à -30 % (par rapport à 1990) pour les pays développés d’ici 2020, avec des efforts « marginaux » de la part des pays en développement. Soit une réduction perspective de -25 à -40 % en 2020 (par rapport à 1990) pour les pays industrialisés, avec des « efforts substantiels » de la part des pays en développement.

« Ce deuxième scénario serait compatible avec la d’un réchauffement limité à 2ºC par rapport aux niveaux préindustriels alors que le premier permettrait une stabilisation autour de 3ºC », a expliqué à Bali le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du Giec. « Avec ça, on ne cuit pas mais on chauffe », a-t-il ajouté. De leur côté, les ONG regrettent le manque d’ambition et surtout l’obstruction des Etats-Unis pendant tout le processus de Bali.

Lire Le Soir : Un accord sur le climat à Bali.

Il n'empêche, on se souviendra longtemps de Yvo De Boer, secrétaire général de la Convention climat à l'O.N.U. qui craque à la tribune, épuisé et en en sanglots, après un marathon nocturne sans issu de plus de sept heures. Il quittera la salle sous les ovations. La même salle, qui, quelques instants plus tôt, avait copieusement hué la représentante américaine.

Yvo_De_Boer.jpg

Yvo de Boer en sanglots (à gauche), Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'O.N.U. (au centre) et le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono (à droite) à Bali, le 15 décembre 2007.

Photo AFP

Car c'est cela qu'il faut retenir : une volonté commune de l'écrasante majorité des nations de réduire les émissions de CO2. Un consensus scientifique. Une image des peuples unis qui nous réconcilierait presque avec la mondialisation !

Bali.jpg.jpg

Photo AFP

jeudi 13 décembre 2007

Le paradoxe balinais.

On peut suivre la Conférence de Bali par email, par vidéo, par téléphone, ..., bref grâce à cette formidable invention que constitue Internet. Environ 10000 personnes se sont tout de même rendues à Bali pour «vivre» et suivre la conférence de près. L'attrait des lagons de Nusa Dua, peut-être. Chris Goodall, un des experts énergétiques les plus influents de Grande-Bretagne s'est amusé à faire le Bilan Carbone de la petite sauterie: 40700 tonnes de CO2 émis, rien que pour acheminer les conférenciers là-bas. A en croire différents sites de comparaison d'émissions, ces 40000 et quelques tonnes de CO2 correspondent aux émissions quotidiennes de la ville de Marseille.

Six Pieds sur Terre, Le paradoxe balinais.