L'été 2007 a vu les glaces arctiques fondre à un rythme jamais vu et dépassant surtout les prévisions les plus pessimistes. Les conséquences sont encore mal évaluées mais il devient désormais acquis par la communauté scientifique que les estimations du GIEC sur l'élévation du niveau des mers doivent être revues à la hausse.

Ce réchauffement d'une ampleur inattendue de l'Arctique ainsi que la fonte de la calotte favorisent un phénomène récemment identifié : le "glissement" des glaciers. "Au sommet de la calotte, des lacs de dégel se forment ; l'eau ruisselle et s'infiltre sous la glace. Elle contribue à lubrifier le socle de la calotte et favorise l'avancée des glaciers dans la mer", explique Konrad Steffen (université du Colorado). Cet "écroulement" serait responsable "d'une perte annuelle de masse d'environ 100 milliards de tonnes de glace, alors que la fonte en elle-même ne compte que pour une perte de 30 milliards de tonnes de glace".

Or ce phénomène n'a pas été pris en compte dans les dernières estimations du GIEC, qui prévoient une élévation du niveau des mers de 18 à 59 cm d'ici à 2100. Pourquoi ? "Simplement parce que les modèles mathématiques capables de prévoir l'évolution du phénomène dans le futur n'ont pas encore été développés, explique Raymond Pierrehumbert (université de Chicago). La plupart des glaciologues considèrent désormais que les estimations du GIEC sont un minimum absolu. Il est certain que la réalité dépassera ces projections."

Lire Le Monde, Dans l'Arctique, le réchauffement a des effets plus forts que prévu.