Ca faisait 33 ans. En 1974, la sonde Mariner 10 avait été la première a
photographier la planète Mercure à une distance de 756 km au travers de 2363
clichés couvrant 45 % de sa surface. Ce soir, la sonde américaine MESSENGER,
lancée le 3 août 2004, va frôler la planète à 200 km de sa surface et va
permettre de prendre une première série de 1300 clichés à la qualité et à la
résolution largement supérieure à il y a 33 ans. Mieux, ces clichés
concerneront les 55% de la face inconnue de Mercure.
Mercure, c’est la plus petite planète du système solaire et la plus proche
de notre étoile. Elle fait partie des planètes telluriques, solides. Elle
ressemble un peu à la Lune (son diamètre est de 4 878 km à comparer avec celui
de la Terre de 12 740 km et de la Lune : 3 470 km). C’est aussi une
planète fort méconnue, son observation étant rendue très difficile de par sa
proximité du Soleil. Elle possède de nombreuses particularités, c’est par
exemple la seule du système solaire à posséder une durée du jour plus longue
que celle de son année. Un observateur sur Mercure pourrait certains jours voir
le Soleil (d’apparence trois fois plus gros que sur Terre) évoluer de plus en
plus lentement jusqu’à faire demi-tour et se coucher du côté où il s’est levé.
Si la planète possède un mystérieux champ magnétique, elle serait quasiment
dépourvue d’atmosphère et bombardée en permanence d’ultraviolets mortels… Sa
surface pourrait être parcourue par des fleuves de plomb et de zinc.

Mercure comparée à la Terre, image de la NASA, domaine public.
L’intérêt de la mission en cours est bien entendu de comprendre les
mécanismes de la formation de cette planète et se son évolution, et de
comprendre par la même la formation et l’évolution possible de notre planète
Terre.
"Je pense que nous allons avoir de grandes surprises", juge Faith Vilas, un
des scientifiques de la mission.
"Ceci est une exploration scientifique pour laquelle le suspense grandit de
jour en jour", relève dans un communiqué Alan Stern, administrateur adjoint de
la Nasa chargé des missions scientifiques.
Messenger (Mercury Surface, Space ENvironment, Geochemistry and Ranging)
devrait pouvoir recueillir des données sur la composition minérale et chimique
du sol de Mercure ainsi que sur son atmosphère et sa magnétosphère, selon
Marilyn Lindstrom, responsable du programme scientifique à la Nasa.
Ce frôlement de Mercure par Messenger permettra aussi de donner à la sonde
une accélération gravitationnelle pour qu'elle puisse revenir se placer en
orbite autour de la planète dans un peu plus de trois ans.
Outre le passage rapproché de lundi, Messenger en fera deux autres, un en
octobre 2008 et un autre en septembre 2009, avant de poursuivre son périple
pour se préparer au quatrième et dernier rendez-vous avec Mercure en mars 2011,
cette fois pour sa mise en orbite.
Lire la dépêche AFP sur cyberpresse
Comme dans les scénarios de films de science-fiction qui aujourd’hui ne nous
étonnent plus, blasés que nous sommes, la sonde sera pendant 14 minutes en
autonomie totale sans moyen de communication avec la Terre quand elle passera
derrière Mercure. C’est au terme de ses 14 minutes qu’elle devrait commencer à
nous renvoyer ses fameux clichés et ses données enregistrées.
Lire la mission MESSENGER sur le site de la
NASA
Lire l'article de Wikipédia : Mercure
Lire l'article de Wikipédia : Programme
Messenger