Bali accouche aux forceps d'un accord sur le climat. Un accord non chiffré. Un repoussoir jusqu'en 2009, en espérant que d'ici là l'administration au pouvoir aux États-Unis change de bord ! Bref, disons-le franchement, un échec. Les coupables, ceux qui n'ont aucune excuse (U.S.A et Canada) et ceux à qui malheureusement nous ne pouvons pas donner de leçons (Chine, Inde...), devront sans doute rendre des comptes aux générations futures... Une fois n'est pas coutume, je me sens fier d'être européen aujourd'hui.
Le compromis est byzantin et chaque virgule aura été soupesée cent fois. Pour sortir de l’impasse, l’Union européenne a accepté que le texte élude les références chiffrées aux émissions polluantes et à la nécessité de les réduire de manière, auxquelles s’opposaient les Etats-Unis. Par conséquent, la communauté internationale « reconnaît que des réductions sévères des émissions mondiales devront être conduites » et souligne « l’urgence » de lutter contre le changement climatique, en renvoyant par une note en bas de page au rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Deux scénarios sont dès lors possibles : soit une réduction des émissions de -10 à -30 % (par rapport à 1990) pour les pays développés d’ici 2020, avec des efforts « marginaux » de la part des pays en développement. Soit une réduction perspective de -25 à -40 % en 2020 (par rapport à 1990) pour les pays industrialisés, avec des « efforts substantiels » de la part des pays en développement.
« Ce deuxième scénario serait compatible avec la d’un réchauffement limité à 2ºC par rapport aux niveaux préindustriels alors que le premier permettrait une stabilisation autour de 3ºC », a expliqué à Bali le climatologue français Jean Jouzel, membre du bureau du Giec. « Avec ça, on ne cuit pas mais on chauffe », a-t-il ajouté. De leur côté, les ONG regrettent le manque d’ambition et surtout l’obstruction des Etats-Unis pendant tout le processus de Bali.
Lire Le Soir : Un accord sur le climat à Bali.
Il n'empêche, on se souviendra longtemps de Yvo De Boer, secrétaire général de la Convention climat à l'O.N.U. qui craque à la tribune, épuisé et en en sanglots, après un marathon nocturne sans issu de plus de sept heures. Il quittera la salle sous les ovations. La même salle, qui, quelques instants plus tôt, avait copieusement hué la représentante américaine.

Yvo de Boer en sanglots (à gauche), Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'O.N.U. (au centre) et le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono (à droite) à Bali, le 15 décembre 2007.
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Car c'est cela qu'il faut retenir : une volonté commune de l'écrasante majorité des nations de réduire les émissions de CO2. Un consensus scientifique. Une image des peuples unis qui nous réconcilierait presque avec la mondialisation !

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